Fugue

L’île m’avait semblé longtemps comme une étape obligée, une ligne à franchir avant de plonger vers l’horizon, une limite rassurante du monde connu, une frontière avec l’avenir. Je n’imaginais pas alors à quel point elle allait changer ma vie.

14 septembre 2006

Les sortilèges des fées me donnaient à lire l’envers de la brume

J’allais donc rencontrer Nicolas. J’étais attentive au moindre signe.

allee

Ces deux heures avait stimulées mes sens. Déjà, je comprenais que leur vie à tous deux était guidée par l’art. Lui était peintre et sculpteur et elle tenait une galerie d’exposition rue des Saints-Pères. Et je me doutais bien que ce goût qui les liait était plus qu’un passe-temps ou un métier. Ils en vivaient, comme on vit d’eau et d’air pur. Les ajoncs s’entremêlaient peu à peu d’arbustes. Puis les arbustes se mêlaient d’arbres. La lande devenait forêt dans cette partie de l’île. Les sentes sauvages se transformaient progressivement en pistes forestières puis en allées bien entretenues, telle que j’en avait croisé une, tôt ce matin. Au loin, j’aperçus une statue.statue

Étais-je toujours sur l’île déserte de mes rêves d’enfant ? Non, certainement pas ! J’avais abordé sans nulle doute Avallon, la terre du Double-Monde, où les sortilèges des fées me donnaient à lire l’envers de la brume, un monde irréel, magique. Morgane en personne me guidait certainement vers celui qui ne pouvait être que le Roi Pêcheur.

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