<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Fugue</title><link>http://fugue.canalblog.com/</link><description>L’&#xee;le m’avait sembl&#xe9; longtemps comme une &#xe9;tape oblig&#xe9;e, une ligne &#xe0; franchir avant de plonger vers l’horizon, une limite rassurante du monde connu, une fronti&#xe8;re avec l’avenir. Je n’imaginais pas alors &#xe0; quel point elle allait changer ma vie.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Tue, 10 Nov 2009 15:23:21 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>J&apos;avais d&apos;abord pens&#xe9; &#xe0; Rome</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/2947912.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/2947912.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2947912/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/2947912.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 177pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je cherche parfois dans le pass&#xe9;
quelque groupe de souvenirs, pour m&apos;en former enfin une histoire, mais je m&apos;y
reconnais, et ma vie en d&#xe9;borde. Il me semble ne vivre aussit&#xf4;t que dans un
toujours neuf instant. Ce que l&apos;on appelle : se recueillir, m&apos;est une
contrainte impossible; je ne comprends plus le mot : solitude; - D&apos;ailleurs je
ne suis chez moi que partout; et toujours le d&#xe9;sir m&apos;en chasse. Le plus beau
souvenir ne m&apos;appara&#xee;t que comme une &#xe9;pave du bonheur. La moindre goutte d&apos;eau,
f&#xfb;t-ce une larme, d&#xe8;s qu&apos;elle mouille ma main, me devient d&apos;une plus pr&#xe9;cieuse
r&#xe9;alit&#xe9;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right;margin-left: 177pt;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;strong&gt;Gide&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&amp;nbsp;
&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/25/90/106481/7573911.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;tibre_01&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/25/90/106481/7573911_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;J&apos;avais
d&apos;abord pens&#xe9; prendre le train pour Rome. Quitter Paris et son gris qui
englobe. Rouler toute la nuit dans un wagon amer. M&#xea;ler ma perdition
aux ombres qui transitent. Relire &#xab; la modification &#xbb; et l’abandonner
sur la banquette. Boire un mauvais caf&#xe9;. Imaginer des vies dans le wagon-bar. J&apos;avais
d&apos;abord pens&#xe9; &#xe0; Rome.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais j&apos;irai plus tard mettre mes pas dans
ceux de Michel-Ange. J&apos;ai tellement lu sur lui qu&apos;il me semble le
conna&#xee;tre personnellement. J&apos;&#xe9;tais pr&#xe8;s de lui quand, tout jeune encore
et d&#xe9;sireux d&apos;&#xea;tre reconnu, il avait grav&#xe9; son nom sur le bandeau de
Marie. Nous avons partag&#xe9; le pain et le vin, perch&#xe9;s tout l&#xe0;-haut sur
l&apos;&#xe9;chafaudage de la Sixtine. Nous avons pleur&#xe9; ensemble quand Rome fut
saccag&#xe9;e. Je fixais la chandelle sur son front quand il se levait la
nuit pour &#xe9;crire un sonnet …&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Aug 2007 20:53:00 GMT</pubDate></item><item><title>je ne voulais plus voir briller l&apos;&#xee;le dans mes souvenirs</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/5852751.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/5852751.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/5852751/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/5852751.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;TOUT EST PR&#xca;T, MAIS AI-JE BIEN LE DROIT de
partir ? Constructeur jusqu&apos;ici dans l&apos;imaginaire, conjureur de ces
mat&#xe9;riaux ; impond&#xe9;rables et gonflants, les mots, — ai–je bien le droit
de b&#xe2;tir dans le monde dense et sensible, o&#xf9; tout effort et toute
cr&#xe9;ation, ne relevant plus seulement d&apos;une harmonie intime doivent
trouver leur justification dans le r&#xe9;sultat, dans le fait, — ou leur
d&#xe9;menti sans appel... Pris d&apos;un doute plus fort que tous les autres,
pris tout d&apos;un coup du vertige et de l&apos;angoisse du r&#xe9;el, je rappelle et
j&apos;interroge un &#xe0; un les &#xe9;l&#xe9;ments pr&#xe9;cis sur quoi s&apos;&#xe9;tablit l&apos;avenir. Ce
sont des relations de voyage, (des mots encore), des cartes
g&#xe9;ographiques — purs symboles, et provisoires, car des districts
entiers sont inconnus l&#xe0; o&#xf9; je vais. Il y a donc les chenilles s&#xe9;pia
des montagnes, des traits rouges pleins, qui sont des sentiers
m&#xe9;prisables puisqu&apos;ils ont &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;j&#xe0; suivis, et des traits rouges
pointill&#xe9;s qui marquent &#xe0; l&apos;aventure les routes ouvertes, inexistantes
peut-&#xea;tre. Des traits bleus qui dessinent les fleuves ; des traits
verts repr&#xe9;sentant les limites des provinces ou des &#xc9;tats. Quelle sera
la possibilit&#xe9; de franchir l&apos;un ou de sauter l&apos;autre ? Le fleuve a
peut-&#xea;tre un pont ici ; et la fronti&#xe8;re politique un pr&#xe9;texte &#xe0; n&apos;&#xea;tre
pas enjamb&#xe9;e. Enfin, il y a le probl&#xe8;me de pure longueur dans l&apos;espace
que tout ce chemin repr&#xe9;sente.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Victor Segalen, Equip&#xe9;e&lt;br /&gt;Document disponible au format Acrobat Reader (PDF) - 348Ko : &lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://victor.segalen.free.fr/equipee.pdf%20&quot;&gt;http://victor.segalen.free.fr/equipee.pdf &lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/72/61/106481/15918368.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/72/61/106481/15918368_p.jpg&quot; alt=&quot;loaven_couchant&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun livre, les choix furent donc rapides. Je fis mes adieux par
t&#xe9;l&#xe9;phone, laissant croire l&#xe2;chement &#xe0; une &#xe9;chappatoire de courte
dur&#xe9;e. On n&apos;essaya donc pas de me retenir.&lt;br /&gt;Je suis partie un soir, &#xe0; la nuit tomb&#xe9;e, car je ne voulais plus voir briller l&apos;&#xee;le dans mes souvenirs.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Aug 2007 20:50:31 GMT</pubDate></item><item><title>l&apos;in&#xe9;vitable</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/8490874.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/8490874.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8490874/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2007/08/09/8490874.html</guid><description>
&lt;p&gt;La mort de Nicolas me fit tomber dans une sorte d&apos;h&#xe9;b&#xe9;tude narcissique. je sus d&apos;embl&#xe9;e que la douleur viendrait plus tard et qu&apos;elle remonterait, comme les effluves d&apos;un parfum trop lourd, les soirs de solitude. Elle me replongerait &#xe0; l&apos;horizon de cette &#xee;le o&#xf9; le bonheur par&#xe9; d&apos;&#xe9;toiles &#xe9;tait un funambule sur la corde du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s&apos;&#xe9;tait endormi sur le divan face &#xe0; la fen&#xea;tre bleue. Un livre tenu d&apos;une main sur la poitrine, l&apos;autre main pendante jusque sur le tapis tenait un marque-page. Le livre, tr&#xe8;s &#xe9;pais, pesait sur son long corps qui semblait plus mince encore. C&apos;&#xe9;tait la Bible.&lt;br /&gt;Un jour, il m&apos;avait confi&#xe9; qu&apos;il ne l&apos;avait jamais lue pos&#xe9;ment, livre apr&#xe8;s livre. Il la consultait souvent, parcourait quelques psaumes, feuilletait les &#xe9;vangiles, apprenait puis r&#xe9;citait le Cantique des Cantiques, mais jamais il ne s&apos;&#xe9;tait lanc&#xe9; dans une lecture suivie.&lt;br /&gt;Avait-il senti l&apos;irr&#xe9;m&#xe9;diable approche de l&apos;In&#xe9;vitable ? &#xc9;tait-ce la conclusion de sa longue vie de lecteur ? Le Livre des Livres &#xe9;tait-il la fin et le commencement de tout ? Il &#xe9;tait ouvert &#xe0; Isa&#xef;e, 11, quand le proph&#xe8;te promet la venue du Fils de l&apos;Homme. Nicolas le lisait donc depuis quelques jours d&#xe9;j&#xe0;.&lt;br /&gt;Je pris le marque-page. J&apos;y trouvais ces quelques lignes &#xe9;crites par un autre que nous aimions tous deux. Un autre homme &#xe2;g&#xe9; qui, comme lui, avait tellement aim&#xe9; la vie, l&apos;amour, les livres et l&apos;Italie :&lt;br /&gt;&amp;quot;Ce qu&apos;il y a de d&#xe9;licieux dans la mort, c&apos;est que nous avons fini de vivre, c&apos;est &#xe0; dire de souffrir. Toute vie est am&#xe8;re par ce qu&apos;elle se termine par la mort. La vie est une maladie mortelle, &#xe0; transmission sexuelle, dont on se gu&#xe9;rit un peu chaque jour et qui finit par nous emporter. La vie est un pr&#xea;t gratuit que nous ne pouvons pas refuser, que nous devons toujours rembourser, qui nous est successivement consenti et retir&#xe9;, et auquel nous tenons plus qu&apos;&#xe0; tout. Au moins tant que nous vivons.&lt;br /&gt;Il n&apos;y aurait qu&apos;une chose de pire que de mourir : ce serait de ne pas mourir. Ne me replonge pas dans la vie : elle n&apos;a de prix que parce qu&apos;elle cesse.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEPART&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne m&apos;int&#xe9;ressait plus. Je ne d&#xe9;sirais voir personne. ”Fuir, l&#xe0;-bas fuir …”. Seul l&apos;horizon m&apos;attirait. Celui que je voyais par la fen&#xea;tre quand il &#xe9;tait l&#xe0;. Bleu et sans limite. Comme le pays o&#xf9; il &#xe9;tait parti.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;BRISE MARINE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chair est triste, h&#xe9;las ! Et j’ai lu tous les livres.&lt;br /&gt;Fuir ! L&#xe0;-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres&lt;br /&gt;D’&#xea;tre parmi l’&#xe9;cume inconnue et les cieux !&lt;br /&gt;Rien, ni les vieux jardins refl&#xe9;t&#xe9;s par les yeux&lt;br /&gt;Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe&lt;br /&gt;O nuits ! Ni la clart&#xe9; d&#xe9;serte de ma lampe&lt;br /&gt;Sur le vide papier que la blancheur d&#xe9;fend&lt;br /&gt;Et ni la jeune femme allaitant son enfant.&lt;br /&gt;Je partirai ! Steamer balan&#xe7;ant ta m&#xe2;ture,&lt;br /&gt;L&#xe8;ve l’ancre pour une exotique nature !&lt;br /&gt;Un Ennui, d&#xe9;sol&#xe9; par les cruels espoirs,&lt;br /&gt;Croit encore &#xe0; l’adieu supr&#xea;me des mouchoirs !&lt;br /&gt;Et, peut-&#xea;tre, les m&#xe2;ts, invitant les orages&lt;br /&gt;Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrage&lt;br /&gt;Perdus, sans m&#xe2;ts, sans m&#xe2;ts ni fertiles &#xee;lots …&lt;br /&gt;Mais, &#xf4; mon cœur, entends le chant des matelots !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mallarm&#xe9;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;L&apos;&#xee;le, les livres, le Serpent … Nicolas m&apos;avait offert ses r&#xea;ves. Je d&#xe9;sirais laisser l&apos;&#xee;le et les livres, soudain trop charg&#xe9;s de brumes, et d&#xe9;cidais de partir sur le Serpent.&lt;br /&gt;Mon d&#xe9;part fut organis&#xe9; tr&#xe8;s vite. Anne, aussi anesth&#xe9;si&#xe9;e que moi, m&apos;aida &#xe0; remplir malles, sacs et in&#xe9;vitables paperasseries. On laissa les malles sur l&apos;&#xee;le, je pris les sacs sur le Serpent. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Aug 2007 19:51:00 GMT</pubDate></item><item><title>un regard qui efface les murs</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678034.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678034.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678034/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678034.html</guid><description>
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;em&gt;Je d&#xe9;couvris un homme grand, tr&#xe8;s &#xe2;g&#xe9;, au regard tr&#xe8;s bleu et &#xe0; l&apos;allure magnifique.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je v&#xe9;cus ce moment comme en un songe. La sc&#xe8;ne
apparaissait derri&#xe8;re l’&#xe9;cran trouble de la migraine qui m’oppressait les
tempes. Subjugu&#xe9;e par la clart&#xe9; de ce regard et t&#xe9;tanis&#xe9;e par le rythme du
tambour que j’avais sous le cr&#xe2;ne, plus que par les blessures de mes paumes,
les d&#xe9;tails de la pi&#xe8;ce prenaient sous mes yeux &#xe9;blouis un jour &#xe9;tange. Rien
n’&#xe9;tait accord&#xe9;, chaque d&#xe9;tail me semblait en dissonance avec son voisin, de
l’armoire &#xe0; pharmacie ridicule qui ne contenait ni aspirine, ni aucun
m&#xe9;dicament connu, jusqu’&#xe0; la table en formica bleu qui jurait dans les murs de
ce manoir. Je pensais qu’elle aurait mieux trouv&#xe9; sa place dans
l’arri&#xe8;re-boutique de la boulangerie de mes parents. Quant aux habitants de l’&#xee;le, j’&#xe9;tais incapable de porter &#xe0;
leur encontre quelque jugement sens&#xe9;, tant ils me paraissaient hors du commun.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L’homme s’assit pr&#xe8;s de moi sur le banc qu’il enfourcha,
sans mani&#xe8;re. Il prit un flacon pos&#xe9; par Anne sur la table, ainsi qu’un morceau
de gaze, puis il saisit une de mes mains.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&#xab; Etes-vous tomb&#xe9;e dans les
rochers ? &#xbb; me demanda-t-il. Je ne vis plus que son visage.&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Autant que je m’en souvienne, j’avais vraiment envie de
r&#xe9;pondre normalement, poliment. Cependant, ma voix ne parvint pas &#xe0; franchir le
fond de ma gorge. Je restais &#xe9;bahie, rougissant de honte et myst&#xe9;rieusement,
soudainement, totalement muette et imb&#xe9;cile. Le regard de ciel arctique me
scruta &#xe9;tonn&#xe9;, pendant qu’un ind&#xe9;finissable sourire &#xe9;clairait son visage.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/57/97/106481/6769896.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;188&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/57/97/106481/6769896_p.jpg&quot; alt=&quot;ciel_soleil&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:57:22 GMT</pubDate></item><item><title>Comme un souffle ...</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678029.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678029.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678029/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678029.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le quai en granit rose couvert d’algues &#xe9;tait tr&#xe8;s glissant. Je tombai rudement et m’&#xe9;corchai salement les deux mains.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne ouvrit l&apos;armoire &#xe0; pharmacie. C&apos;&#xe9;tait une petite armoire
m&#xe9;tallique blanche et orn&#xe9;e d&apos;une croix rouge directement accroch&#xe9;e
au-dessus de l&apos;&#xe9;gouttoir de l&apos;&#xe9;vier. La douleur avait d&#xe9;clanch&#xe9; une de
ces insoutenables migraines qui me g&#xe2;chait la vie, provoquant des
vagues de naus&#xe9;es et des battements de gong sous mon cr&#xe2;ne. L&apos;armoire &#xe0;
pharmacie, qui &#xe0; un autre moment aurait &#xe9;t&#xe9; un objet d&apos;une totale
laideur, captait toute mon attention. Derri&#xe8;re le paquet de coton, les
bandes de gaze et le d&#xe9;sinfectant, allais-je voir appara&#xee;tre la bo&#xee;te
d&apos;aspirine absolument indispensable &#xe0; ma survie ? Comment le sublime
peut-il s&apos;accrocher &#xe0; des d&#xe9;tails si ordinaires ? J&apos;&#xe9;tais dans un tel
&#xe9;tat de souffrance que je ne l&apos;entendis pas entrer dans la cuisine. Je
sursautai en entendant sa voix :&lt;em&gt;&amp;quot;Que se passe-il ? Un bless&#xe9; ?&amp;quot; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des marteaux dansaient le rock derri&#xe8;re mes sourcils. Je d&#xe9;couvris
un homme grand, tr&#xe8;s &#xe2;g&#xe9;, au regard tr&#xe8;s bleu et &#xe0; l&apos;allure magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang arriva violemment dans tout mon corps. &lt;br /&gt;L’ultime
rencontre doit toujours se passer ainsi. Une voix claire qui &#xe9;touffe le
vacarme, un regard qui efface les murs, l’unique pi&#xe8;ce manquante d’un
puzzle aux contours infinis qui retrouve sa place et qui impose un sens
au Tout avant qu’on l’ait cherch&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/19/98/106481/5925936.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;181&quot; height=&quot;66&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;yeux&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/19/98/106481/5925936_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:56:42 GMT</pubDate></item><item><title>Nicolas O. Sturlusson</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678027.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678027.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678027/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678027.html</guid><description>
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;Avant
de p&#xe9;rir sous leur propre poids de plus en plus &#xe9;crasant et de plus en
plus inutile, les livres auront &#xe9;t&#xe9; la vie m&#xea;me. Ils auront recueilli
des paroles choisies entre toutes pour leur sens et leur son, pour leur
force pour leur beaut&#xe9;. Ils auront constitu&#xe9; le savoir, ils auront
transport&#xe9;, par le seul chant de leurs mots lus avec ravissement et
r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;s en silence par les l&#xe8;vres des jeunes gens, des millions et des
millions, des milliards de lecteurs. Les livres auront donn&#xe9;, pendant
quelques mill&#xe9;naires, l’image de la dignit&#xe9; et de la puissance de
l’homme. Et, plus peut-&#xea;tre que rien au monde, &#xe0; l’exception de
l’amour, plus que l’argent, plus que le pouvoir, plus que les paysages
les plus magnifiques et les plaisirs les plus rares, ils auront fait
son bonheur.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Jean d’Ormesson&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;p&gt;Je suis seul. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#xea;me la pr&#xe9;sence de ma fille ne me distrait pas de ma solitude. Elle
vient me voir une &#xe0; deux fois par mois et de temps en temps, c’est moi
qui la rejoins &#xe0; Paris, pour un vernissage. Bien qu’elle me le d&#xe9;fende.
Elle ne trouve pas raisonnable que je prenne le train seul. Comme si
cette solitude ponctuelle &#xe9;tait plus dangereuse que l’autre. La
solitude qui me ronge le ventre et finira par me d&#xe9;sesp&#xe9;rer. Dans la
foule je suis seul. Dans ma biblioth&#xe8;que, en compagnie de tous mes amis
&#xe9;crivains, je suis seul. Seul sur mon &#xee;le. Seul dans ma vie. Seul dans
mon &#xe2;me. Mes fils ne m’&#xe9;crivent plus. Ils t&#xe9;l&#xe9;phonnent parfois. Ils
sont attentionn&#xe9;s, mais ils ne m’&#xe9;crivent plus. Ils aiment le cin&#xe9;ma,
la musique, certains la peinture. Aucun ne partage ma passion pour la
lecture. Ils m’envoient des films de leurs petits-enfants. Ils sont
tous venus au dernier No&#xeb;l sur mon &#xee;le perdue, avec des sacs charg&#xe9;s de
cadeaux. Anne avait fait d&#xe9;corer le premier jardin de sculptures
lumineuses. C’&#xe9;tait beau. Th&#xe9;&#xe2;tral. On aurait pu croire au bonheur,
partag&#xe9; par une famille nombreuse et unie. Mais la s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9; d’un
bonheur familial est loin de pouvoir combler ma solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&apos;erre de livre en livre, ne sachant plus auquel m&apos;attacher. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps j&apos;ai aim&#xe9; collectionner les savoirs. Peupler ma vie de la
pens&#xe9;e des autres. Mais un seul homme peut-il absorber toutes les
pens&#xe9;es du monde ? Et cette qu&#xea;te, vers quoi, vers qui m&#xe8;ne-t-elle ? Ma
vie s&apos;ach&#xe8;ve. Elle aura dur&#xe9; presqu&apos;un si&#xe8;cle. C&apos;est beaucoup plus que
n&apos;en demande un homme. Mais l&apos;humanit&#xe9; demande-telle &#xe0; vivre ? Elle
est. Et le myst&#xe8;re de cette pr&#xe9;sence dans l&apos;univers reste et restera &#xe0;
jamais un myst&#xe8;re. Car plus loin sont repouss&#xe9;es les limites du savoir,
plus nombreuses viennent les questions. Et plus loin est repouss&#xe9;e la
r&#xe9;ponse &#xe0; celle que pose notre pr&#xe9;sence. Notre pr&#xe9;sence et notre
conscience. La conscience de notre pr&#xe9;sence.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:56:03 GMT</pubDate></item><item><title>Un incroyable navire</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678020.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678020.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678020/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678020.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Morgane en personne me guidait certainement vers celui qui ne pouvait &#xea;tre que le Roi P&#xea;cheur. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/14/60/106481/5804102.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/14/60/106481/5804102_p.jpg&quot; alt=&quot;bisquine&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;ce n&apos;est pas &amp;quot;le Serpent&amp;quot; que je ne peux pas vous d&#xe9;voiler&lt;br /&gt;mais la bisquine cancalaise qui passe devant mes &#xee;les &#xe0; mar&#xe9;e basse&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;Vous &#xea;tes tous les deux t&#xe9;n&#xe9;breux et discrets :&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;Homme, nul n’a sond&#xe9; le fond de tes ab&#xee;mes,&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;O mer, nul ne conna&#xee;t tes richesses intimes,&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;Tant vous &#xea;tes jaloux de garder vos secrets !&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;Baudelaire&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Il
&#xe9;tait incroyable que cette &#xee;le qui semblait ordinaire vue de la mer,
recel&#xe2;t de tels paysages. Une &#xee;le bretonne, couverte de landes et d’une
petite for&#xea;t, dont les arbres cachaient en v&#xe9;rit&#xe9; un parc paysag&#xe9;,
raffin&#xe9; &#xe0; l’extr&#xea;me, &#xe0; la fois baroque et mesur&#xe9;. Ce n’&#xe9;tait que les
premiers abords de la maison. Celle-ci s’ouvrait sur un jardin plus
envo&#xfb;tant encore. Je n’aurai la joie de le conna&#xee;tre que deux saisons
plus tard. Pour l’instant je suivais Anne dans ce paysage qui n’avait
d&#xe9;j&#xe0; plus rien &#xe0; voir avec celui que nous venions de parcourir.&lt;br /&gt;L’all&#xe9;e
tourna brusquement et j’eus la surprise de d&#xe9;couvrir un petit port en
contrebas. Un bassin circulaire, presqu’enti&#xe8;rement ferm&#xe9;, &#xe9;tait reli&#xe9;
&#xe0; la mer par un couloir en chicane bord&#xe9; de falaises. Totalement
invisible de l’ext&#xe9;rieur, il fallait certainement de plus, une grande
dext&#xe9;rit&#xe9; pour manœuvrer un bateau jusque l&#xe0;. J’apprendrais que des
moines s’&#xe9;taient install&#xe9;s ici au VIe si&#xe8;cle, puis des Vikings au Xe,
et des pirates au XVIIIe. Que le bassin avait &#xe9;t&#xe9; recreus&#xe9; &#xe0; main
d’homme et qu’il fallait r&#xe9;guli&#xe8;rement l’entretenir pour garder un
acc&#xe8;s navigable m&#xea;me &#xe0; mar&#xe9;e basse.&lt;br /&gt;Sur le moment je ne vis que le
bateau. Un incroyable bateau, mi-drakkar (j’appelais encore ainsi les
barques vikings), mi-yacht anglais, assez court pour pouvoir entrer
dans ce havre, assez long pour affronter le grand Oc&#xe9;an. Son m&#xe2;t
articul&#xe9; &#xe9;tait pos&#xe9; sur le plat-bord. Il &#xe9;tait fin sur les deux tiers
de sa longueur et &#xe0; peine plus pansu au centre. La poupe et la proue
&#xe9;taient relev&#xe9;e &#xe0; hauteur d’homme et termin&#xe9;es par d’&#xe9;l&#xe9;gants volutes.
La cabine paraissait confortable. De nombreux hublots bien situ&#xe9;s
devaient l’&#xe9;clairer g&#xe9;n&#xe9;reusement. Abandonnant mon guide, je descendai
au plus pr&#xe8;s pour l’admirer. Je n’avais jamais vu pareil navire. Son
nom &#xab; Le Serpent &#xbb; se d&#xe9;tachait en lettres d’or sur le tableau arri&#xe8;re.
Le quai en granit rose couvert d’algues &#xe9;tait tr&#xe8;s glissant. Je tombai
rudement et m’&#xe9;corchai salement les deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/55/29/106481/5804262.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;bisquine_enfer&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/55/29/106481/5804262_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;br /&gt;la bisquine en contre-jour devant la Baie de l&apos;Enfer&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:55:34 GMT</pubDate></item><item><title>Les sortil&#xe8;ges des f&#xe9;es me donnaient &#xe0; lire l’envers de la brume</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678017.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678017.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678017/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678017.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’allais donc rencontrer Nicolas. J’&#xe9;tais attentive au moindre signe.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/99/06/106481/5782677.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/99/06/106481/5782677_p.jpg&quot; alt=&quot;allee&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux heures avait stimul&#xe9;es mes sens. D&#xe9;j&#xe0;, je comprenais que
leur vie &#xe0; tous deux &#xe9;tait guid&#xe9;e par l’art. Lui &#xe9;tait peintre et
sculpteur et elle tenait une galerie d’exposition rue des Saints-P&#xe8;res.
Et je me doutais bien que ce go&#xfb;t qui les liait &#xe9;tait plus qu’un
passe-temps ou un m&#xe9;tier. Ils en vivaient, comme on vit d’eau et d’air
pur. Les ajoncs s’entrem&#xea;laient peu &#xe0; peu d’arbustes. Puis les arbustes
se m&#xea;laient d’arbres. La lande devenait for&#xea;t dans cette partie de
l’&#xee;le. Les sentes sauvages se transformaient progressivement en pistes
foresti&#xe8;res puis en all&#xe9;es bien entretenues, telle que j’en avait
crois&#xe9; une, t&#xf4;t ce matin. Au loin, j’aper&#xe7;us une statue.&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/81/91/106481/5784165.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;102&quot; height=&quot;150&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/81/91/106481/5784165_p.jpg&quot; alt=&quot;statue&quot; style=&quot;margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#xc9;tais-je toujours sur l’&#xee;le d&#xe9;serte de mes r&#xea;ves d’enfant ? Non,
certainement pas ! J’avais abord&#xe9; sans nulle doute Avallon, la terre du
Double-Monde, o&#xf9; les sortil&#xe8;ges des f&#xe9;es me donnaient &#xe0; lire l’envers
de la brume, un monde irr&#xe9;el, magique. Morgane en personne me guidait
certainement vers celui qui ne pouvait &#xea;tre que le Roi P&#xea;cheur. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:54:49 GMT</pubDate></item><item><title>sur les sentes bord&#xe9;es de bruy&#xe8;re</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678014.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678014.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678014/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678014.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’allais p&#xe9;n&#xe9;trer les secrets de l’&#xee;le en compagnie, je n’en doutais pas, d’une divinit&#xe9; maritime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/71/53/106481/5707707.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;L&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/71/53/106481/5707707_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#xe9;posa la branche et le sac de coquillages au bord d’une all&#xe9;e
bien ratiss&#xe9;e qui avait surgi perpendiculairement &#xe0; notre trajet. Puis
nous repart&#xee;mes sur les sentes bord&#xe9;es de bruy&#xe8;re, de gen&#xea;t, d’ajoncs
et de foug&#xe8;res. Elle me fit faire le tour de l’&#xee;le, ce qui prit deux
bonnes heures, d’une marche rapide entrecoup&#xe9;e d’escalades et de
courtes haltes au sommet des rochers. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/09/61/106481/5707668.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;L&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/09/61/106481/5707668_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette randonn&#xe9;e matinale, &#xee;lienne et impr&#xe9;vue, sur un
territoire que j’avais cru pouvoir m’approprier et qui &#xe9;tait en partie
le sien, j’&#xe9;coutais cette nouvelle amie me parler d’elle-m&#xea;me, de son
travail, de ses amis et surtout de son p&#xe8;re. Car elle y revenait sans
cesse et je compris peu &#xe0; peu qu’il &#xe9;tait &#xe0; la fois un p&#xe8;re affectueux,
un homme passionn&#xe9;, un artiste talentueux et l’&#xe2;me v&#xe9;ritable de l’&#xee;le.
J’appris aussi qu’elle &#xe9;tait la fille de sa troisi&#xe8;me femme et qu’il
s’&#xe9;tait mari&#xe9; une quatri&#xe8;me fois, assez r&#xe9;cemment, mais qu’il venaient
de divorcer. Mais dans l’instant je croyais que les dissensions
conjugales d’un vieil homme inconnu ne m’int&#xe9;ressaient absolument pas
et je m’&#xe9;tonnerais un peu plus tard qu’elles me reviennent si vivement
en m&#xe9;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/76/38/106481/5707607.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;menarrompet&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/76/38/106481/5707607_p.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;“Nous avons presque boucl&#xe9; le tour de l’&#xee;le, me dit-elle en
s’arr&#xea;tant soudain. Il te reste maintenant &#xe0; voir l’essentiel : mon
p&#xe8;re ! Dis-toi bien que ce que tu vas d&#xe9;couvrir &#xe0; pr&#xe9;sent, seuls nos
amis intimes et quelques touristes &#xe9;gar&#xe9;s ont pu le voir. C’est l’id&#xe9;e
de papa. Autrement dit, si tu entres ici, tu p&#xe9;n&#xe8;tres son &#xe2;me.&lt;br /&gt;– Et &#xe0; quelle cat&#xe9;gorie j’appartiens ?&lt;br /&gt;– Tu es une touriste &#xe9;gar&#xe9;e bien-entendu !”&lt;br /&gt;Elle
me tutoyait d&#xe9;j&#xe0;, au bout de deux heures, alors qu’il me faudrait
presque deux ans avant d’accepter que je pouvais aussi me le permettre.
Malgr&#xe9; sa simplicit&#xe9; d’attitude et de langage, je restais impressionn&#xe9;e
par toute la noblesse qui se d&#xe9;gageait d’elle.&lt;br /&gt;J’allais donc rencontrer Nicolas. J’&#xe9;tais attentive au moindre signe.&lt;/p&gt;
&amp;nbsp; &amp;nbsp; </description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:54:19 GMT</pubDate></item><item><title>J’allais p&#xe9;n&#xe9;trer les secrets de l’&#xee;le</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678003.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678003.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2678003/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2678003.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;“Je n’habite pas vraiment ici, rectifia-t-elle, je n’y viens qu’en vacances pour me d&#xe9;sennuyer de Paris.”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa voix &#xe9;tait douce et pos&#xe9;e. Elle donnait l’impression d’une grande
s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9;, avec pourtant une bonne dose de nostalgie. Par contraste
absolu, je me sentais f&#xe9;brile et habit&#xe9;e de bouillonnants remous.&lt;br /&gt;“Vous
vous ennuyez &#xe0; Paris ? J’y habite aussi et je pense que Paris est tout
sauf ennuyeuse. Tour &#xe0; tour j’adore o&#xf9; je d&#xe9;teste cette ville, mais
jamais encore je ne m’y suis ennuy&#xe9;e ! Chaque pas peut y &#xea;tre
aventureux. Les murs, les fen&#xea;tres, les visages, les jardins r&#xe9;v&#xe8;lent
des beaut&#xe9;s, des souffrances, des secrets cach&#xe9;s, visibles &#xe0; qui sait
ouvrir les yeux.&lt;br /&gt;– Quelle chance d’avoir vos yeux, dit-elle en se moquant un peu de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/40/24/106481/5566435.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/40/24/106481/5566435_p.jpg&quot; alt=&quot;hou03&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– J’avoue que parler de la beaut&#xe9; de Paris quand on se trouve ici,
assises sur un rocher face &#xe0; la mer est un peu d&#xe9;plac&#xe9;. Mais j’ai une
v&#xe9;ritable passion pour cette ville. Je peux difficilement me passer
d&apos;elle, comme de l’Oc&#xe9;an, d’ailleurs. Quand je suis pr&#xe8;s de l’un, je
pense forc&#xe9;ment &#xe0; l’autre. Heureusement qu&apos;il existe des endroits
magiques comme les &#xee;les. Qu’elles soient Venise ou Br&#xe9;hat, peu importe,
leur charme agit de m&#xea;me fa&#xe7;on, je calme pour un temps mes passions.
Celle &#xee;le-ci, pourtant, je la croyais d&#xe9;serte. Visit&#xe9;e seulement par
les sternes ou Pos&#xe9;&#xef;don.&lt;br /&gt;– C’est exact, je suis Calypso et je vous
garde jusqu’&#xe0; ce que les vents, ou la mar&#xe9;e soient plus favorables.
Venez, je vous fais visiter.”&lt;br /&gt;J’avais encore trop et trop mal parl&#xe9;.
Quelle folie me hante ! Jamais de calme. Une &#xe9;nergie incontr&#xf4;lable me
poussait toujours &#xe0; d&#xe9;sirer ce qui me d&#xe9;passait. L’&#xe9;quilibre, je le
retrouvais dans l’action, dans la cr&#xe9;ation. La contemplation ne
m’apportait pas de repos, elle m’emplissait de sentiments contraires,
d’attente, de nostalgie, d’amertume, de curiosit&#xe9;. J’avais toujours
envie “d’aller voir de l’autre c&#xf4;t&#xe9;”. L’invitation d’Anne, me fit
l’effet d’une secousse &#xe9;lectrique. J’allais p&#xe9;n&#xe9;trer les secrets de
l’&#xee;le en compagnie, je n’en doutais pas, d’une divinit&#xe9; maritime. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/91/48/106481/5566441.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/91/48/106481/5566441_p.jpg&quot; alt=&quot;hou04&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s’&#xe9;tait nomm&#xe9;e Calypso, je la voyais Morgane. Fine, brune,
longue, souple avec les cheveux comme des algues brunes, elle glissait
tr&#xe8;s vite et sans bruit sur les galets puis &#xe0; travers la lande, charg&#xe9;e
de ses tr&#xe9;sors marins qu’elle portait sans effort. Derri&#xe8;re elle, je
sentais mes muscles se r&#xe9;chauffer sous l’action et la suivre sur ce sol
irr&#xe9;gulier m’essoufflait. Je m’&#xe9;tais crue jeune et sportive avant de la
conna&#xee;tre. J’allais apprendre sur cette &#xee;le qu’il ne fallait se fier ni
&#xe0; la carrure des gens ni surtout &#xe0; leur &#xe2;ge apparent. De cette femme
qui avait au moins le double de mon &#xe2;ge se d&#xe9;gageait la sveltesse et
l’&#xe9;nergie d’une adolescente.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:53:08 GMT</pubDate></item><item><title>d&#xe9;sarroi</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677978.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677978.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2677978/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677978.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;J’habite ici, r&#xe9;pondit-elle, comme si la question &#xe9;tait insolite.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/l.ile_01.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;l.ile_01&quot; src=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/t-l.ile_01.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choc me terrassa. L’&#xee;le, mon &#xee;le, n’&#xe9;tait pas plus d&#xe9;serte
qu’elle ne m’appartenait ! Anne ressentit, plus qu’elle ne vit mon
d&#xe9;sarroi. Mais &#xe7;a, je ne le devinerai que beaucoup plus tard, quand
j’aurais appris &#xe0; la conna&#xee;tre.&lt;br /&gt;Bien loin de ce que j’aurais pu
m’imaginer, je sus plus tard qu’elle voyait un grand nombre de
touristes passer sur l’&#xee;le chaque &#xe9;t&#xe9;. En g&#xe9;n&#xe9;ral, ils ne s’avan&#xe7;aient
pas &#xe0; l’int&#xe9;rieur et restaient bronzer ou p&#xea;cher sur les gr&#xe8;ves.
Certains restaient quelques temps au mouillage dans cette crique o&#xf9;
j’avais amarr&#xe9; le catamaran. Et Anne, toujours tr&#xe8;s polie, leur disait
quelques mots sans jamais tenter de rentrer dans leur intimit&#xe9;,
pr&#xe9;servant ainsi la sienne.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/enezpoull.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;enezpoull&quot; src=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/t-enezpoull.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, entre nous, l’attirance fut imm&#xe9;diate. Fascin&#xe9;es par
notre singularit&#xe9; mutuelle, nous cherch&#xe2;mes &#xe0; prolonger ces instants de
d&#xe9;couverte. Je lui proposai du th&#xe9;, qu’elle accepta aussit&#xf4;t avec sa
naturelle simplicit&#xe9;.&lt;br /&gt;A peine remise de ma d&#xe9;ception, que je
ressentis comme une trahison de la part de l’&#xee;le, j’h&#xe9;sitais &#xe0; relancer
la conversation. Mais je devinais qu’il fallait &#xe0; tout prix accrocher
l’int&#xe9;r&#xea;t d’Anne. Du r&#xf4;le d’intruse dans mon monde int&#xe9;rieur, elle
&#xe9;tait devenue en quelques secondes une part de l’&#xee;le. Une pi&#xe8;ce
pr&#xe9;cieuse de la Porte Sacr&#xe9;e ouverte sur l’horizon.&lt;br /&gt;J’allais dire une banalit&#xe9;, qui m’aurait sans doute fait souffrir plus tard, quand par chance, elle me devan&#xe7;a &#xe0; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/parisiens80.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;parisiens80&quot; src=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/t-parisiens80.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; color=&quot;#006699&quot;&gt;Paris-1980&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;“Je n’habite pas vraiment ici, rectifia-t-elle, je n’y viens qu’en vacances pour me d&#xe9;sennuyer de Paris.”&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:49:48 GMT</pubDate></item><item><title>contact</title><dc:creator>Nessy</dc:creator><link>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677845.html</link><comments>http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677845.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://fugue.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2677845/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://fugue.canalblog.com/archives/2006/09/14/2677845.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je ne revins sur l’&#xee;le qu’un an plus tard.&lt;/em&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/L_ile_03.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/t-L_ile_03.jpg&quot; alt=&quot;l_ile_03&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Et
j’y rencontrai Anne. Tout de suite j’aper&#xe7;us sa silhouette sur la
plage. J’h&#xe9;sitai &#xe0; faire demi-tour. Mon amour pour l’Oc&#xe9;an &#xe9;tait trop
exclusif. Je consid&#xe9;rais que chaque &#xe9;tape me rapprochant de lui,
m’appartenait. Toute intrusion dans mon domaine &#xe9;tait donc d&#xe9;testable.
Cependant cette deuxi&#xe8;me approche de l’&#xee;le avait absorb&#xe9; mon esprit par
vagues intermittentes tout l’hiver. Je ne pouvais l’abandonner ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’&#xe9;tait la premi&#xe8;re journ&#xe9;e d’un long week-end de trois jours comme
on en a plusieurs au printemps. Je comptais rester moins d’une dizaine
d’heures sur l’&#xee;le, entre deux mar&#xe9;es. J’avais appris &#xe0; tenir compte
des courants et calcul&#xe9; mes horaires en fonction des flux et reflux.
Lev&#xe9;e d&#xe8;s l’aube, j’arrivais donc sur l’&#xee;le un peu avant huit heures.
Il faisait frais. J’avais envie d’une boisson chaude.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/L_ile_02.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;338&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://nessy.canalblog.com/images/t-L_ile_02.jpg&quot; alt=&quot;l_ile_02&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne ramassait des coquillages. Elle arpentait la plage, la nuque
inclin&#xe9;e, s’accroupissant r&#xe9;guli&#xe8;rement et fouillant parfois le sable
avec un bout de bois d’&#xe9;chouage. Les petits limicoles s’enfuyaient
devant elle et se reposaient un peu plus loin pour accomplir des gestes
tout &#xe0; fait semblables aux siens. Cette pens&#xe9;e m’&#xe9;gaya. Cette
silhouette, finalement, s’harmonisait avec la nature. Ce qui n’&#xe9;tait
pas mon cas. Je pestais soudain apr&#xe8;s les couleurs vives de mon bateau
et de mes v&#xea;tements. Je devais me rendre &#xe0; l’&#xe9;vidence, je n’avais rien
d’un oiseau de mer. C’&#xe9;tait peut-&#xea;tre moi l’intruse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est Anne qui m’aborda la premi&#xe8;re. J’avais fini par l’oublier un
peu, tellement ses gestes r&#xe9;guliers et son allure discr&#xe8;te l’assimilait
au paysage de l’&#xee;le. Je m’&#xe9;tais install&#xe9;e sur un rocher o&#xf9; j’avais
d&#xe9;ball&#xe9; mes provisions et mon r&#xe9;chaud. En passant pr&#xe8;s de moi, elle me
souhaita un bon app&#xe9;tit. Je remerciai machinalement et nous aurions pu
en rester l&#xe0;, quand une s&#xe9;rie de questions traversa mon esprit. Elle
tenait &#xe0; la main, outre son pochon rempli de coquillages, un &#xe9;norme
bois de flottage. J’essayai d’imaginer quand et comment elle &#xe9;tait
arriv&#xe9;e sur l’&#xee;le. &#xc9;tait-elle arriv&#xe9;e la veille, ou encore plus t&#xf4;t que
moi ? Et que ferait-elle de tous ces tr&#xe9;sors ? O&#xf9; &#xe9;tait son bateau ?
J’avais contourn&#xe9; la moiti&#xe9; de l’&#xee;le et n’en avait aper&#xe7;u aucun amarr&#xe9;
sur ses rives. L’id&#xe9;e de lui demander &#xe0; quoi &#xe9;tait destin&#xe9;e sa p&#xea;che me
sembla trop indiscr&#xe8;te, alors je lui posai la question du bateau. Elle
rit. J’habite ici, r&#xe9;pondit-elle, comme si la question &#xe9;tait insolite.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Sep 2006 15:32:53 GMT</pubDate></item></channel></rss>